La culture biologique à la Cave de Ribeauvillé

Pour Jean, en 1999, le bio était la suite logique des efforts culturaux et de la sélection des parcelles pour chercher la meilleure expression des différents terroirs. Précurseur, il a initié la démarche dans la cave en essayant de concilier cette expression des terroirs avec la qualité environnementale. En effet, la richesse de la flore et de la faune ainsi que la qualité des paysages ont une grande importance pour lui. Seule la bio permet de réconcilier agriculture et nature. Dans les années qui suivirent, progressivement, Bernard Bagy, Fabrice Guyot, Guillaume Kester, Hubert Heinrich s’associent à la démarche. Aujourd’hui, plus de 18 hectares sont travaillés en culture biologique. La traçabilité est totale et certifiée par Ecocert pour garantir le respect du bio au consommateur.

Richesse des terroirs et des cépages

La diversité des sols est importante avec une palette de terroirs très variés sur granite, grès, marnes, limon, calcaire, etc., sur les communes allant de St Hippolyte au nord à Kientzheim au sud en passant par Bergheim, Ribeauvillé et Hunawihr. Toute la gamme des cépages alsaciens est présente dans ce vignoble bio, ainsi que l’incontournable Crémant et les fameux Grands Crus « Rosacker » et « Schlossberg ».

Maîtrise des techniques biologiques

La culture naturelle de la vigne conduit à un travail du sol respectueux de sa texture et structure que seuls les organismes du sol sont capables d’optimiser, le vigneron ne faisant qu’accompagner cette dynamique. La mise en oeuvre de compost, d’engrais vert, de cultures de rotation, etc. favorise l’implantation d’un écosystème durable. Il a donc été nécessaire d’adapter les méthodes culturales traditionnelles avec les machines modernes et fluidifier les échanges entre vignerons pour évoluer rapidement. L’utilisation de tisanes, macérations et purins d’ortie, de prêle, de consoude, de saule s’est donc petit à petit imposée, parfois même chez des vignerons « non bio ». Cela a permis de réduire de façon importante les doses de bouillie bordelaise et de soufre, seuls produits autorisés en bio. En effet, le mildiou et l’oïdium sont très virulents avec nos cépages européens, et nous nous trouvons actuellement dans une impasse qui rend ces traitements pour le moment incontournables. Grace à ces réductions de dose, à l’usage des plantes, aux pratiques culturales adaptées, faune et flore utiles recolonisent notre vignoble. En plus d’être efficace techniquement et qualitativement, la démarche est plaisante : des fleurs, des haies, des arbres agrémentent notre paysage, …que du bonheur. Une meilleure compréhension du fonctionnement des plantes et du sol nous encourage à laisser une terre saine pour les générations futures.

Evidemment, la récolte est manuelle

La date des vendanges est optimisée en fonction de la maturité pour chaque parcelle. Les vendanges durent donc longtemps (souvent de fin août à début novembre). Mais qu’importe les sacrifices, la qualité des raisins est au rendez vous. La météo est parfois capricieuse mais avec la bio, les contraintes des millésimes sont moins marquées car la vigne se porte mieux. Evidemment, la récolte est manuelle, comme pour pratiquement tous les travaux en bio, et le besoin de main d’oeuvre est très important. L’agriculture biologique nécessite en moyenne 30% de temps de travail supplémentaire.

Une vinification Bio… logique !

Les pratiques sont entièrement dédiées à la qualité du raisin, pour qu’il arrive entier au pressoir et qu’il puisse libérer son jus par un pressurage lent et respectueux La vinification est à l’avenant, respectant au maximum le moût avec des débourbages statiques, en laissant au jus le temps de décanter calmement pour soutirer le jus clair. Il fermentera ensuite à son rythme pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Grâce à l’expérience de notre oenologue Evelyne Dondelinger, les interventions adaptées aux vins biologiques permettent l’expression optimale des terroirs dans nos vins. Des dégustations très régulières associant les vignerons nous permettent d’apprécier l’évolution des vins.